En bref

Ma French Bank, la banque mobile de La Banque Postale, a fermé définitivement à l’été 2025. Les ouvertures de compte avaient cessé en juin 2024 et les comptes ont été clôturés par étapes. Le domaine renvoie désormais vers la maison mère : il n’existe plus d’espace client ni d’application à ouvrir.

Si vous cherchez à vous connecter à Ma French Bank, sachez que cet établissement n’existe plus. Lancée en 2019 par La Banque Postale pour concurrencer les néobanques, cette banque entièrement mobile n’a jamais atteint la rentabilité malgré environ 700 000 clients. Sa fermeture a été annoncée fin 2023, confirmée en avril 2024, puis exécutée par étapes : arrêt des ouvertures de compte en juin 2024, puis fermeture définitive à l’été 2025. L’application et l’espace client ont disparu, et le nom de domaine renvoie aujourd’hui vers le site de la maison mère. Aucune réinitialisation de mot de passe ne rétablira un accès. Ce guide explique ce qui s’est passé, ce que sont devenus les fonds et les comptes, comment obtenir un justificatif bancaire après la clôture, et quelles étaient les options offertes aux clients concernés.

Pourquoi Ma French Bank a fermé

L’établissement avait été conçu pour occuper un terrain que La Banque Postale ne couvrait pas : une offre entièrement mobile, simple, tarifée au forfait, destinée à une clientèle jeune ou peu attachée à l’agence. Le pari reposait sur le volume — recruter beaucoup de clients à faible marge unitaire, en s’appuyant sur le réseau des bureaux de poste pour la distribution.

Le volume est venu : environ 700 000 clients en quelques années. La rentabilité, non. Le marché des néobanques s’est densifié pendant cette période, avec des acteurs internationaux disposant d’une base de coûts très inférieure, et les revenus par compte sont restés en deçà des coûts d’exploitation.

La décision a été prise fin 2023 et confirmée en avril 2024. Elle a été mise en œuvre progressivement, comme l’exige la fermeture d’un établissement de crédit : les ouvertures de compte ont d’abord cessé, puis les comptes existants ont été clôturés par vagues, jusqu’à l’arrêt complet du service à l’été 2025.

Une fermeture n’est pas une faillite

La distinction a son importance, car elle change tout pour le titulaire d’un compte. Ma French Bank n’a pas fait défaut : c’est une décision stratégique de sa maison mère, mise en œuvre de façon ordonnée et encadrée. Les fonds déposés n’ont à aucun moment été menacés, et chaque client a disposé d’un délai pour les transférer. Rien à voir avec la défaillance d’un établissement, où intervient le fonds de garantie des dépôts.

Ce que sont devenus les comptes et les fonds

La fermeture a suivi un calendrier annoncé aux clients. Chaque titulaire a d’abord disposé d’un délai pour demander lui-même la clôture de son compte et transférer ses avoirs vers l’établissement de son choix. En l’absence de réponse, un délai supplémentaire courait avant la clôture automatique.

Ce point mérite d’être rappelé à ceux qui n’ont pas suivi l’opération à l’époque : les sommes restant sur un compte clôturé ne sont pas perdues. Elles demeurent dues à leur titulaire, et il reste possible de les réclamer. Si vous êtes dans cette situation, adressez-vous à La Banque Postale, qui portait l’établissement, muni d’une pièce d’identité et de tout élément permettant de retrouver votre dossier — ancien numéro de compte, IBAN, courriers reçus.

Les prélèvements et virements récurrents domiciliés sur le compte ont dû être redirigés. Si certains ont échoué faute d’avoir été mis à jour à temps, les organismes concernés — fournisseur d’énergie, opérateur, assureur — ont normalement relancé, et il suffit de leur communiquer vos nouvelles coordonnées bancaires.

Obtenir un relevé ou un justificatif après la clôture

C’est la demande qui subsiste le plus longtemps après la fermeture d’une banque, et elle intervient souvent au pire moment : constitution d’un dossier de prêt, contrôle fiscal, succession, litige sur une opération ancienne.

Un établissement bancaire est tenu de conserver les données relatives aux opérations pendant plusieurs années, y compris après la clôture d’un compte. Cette obligation ne disparaît pas avec la marque commerciale. Deux voies s’offrent donc à vous.

  1. La demande écrite à La Banque Postale, en précisant votre identité, votre ancien numéro de compte ou IBAN, et la période concernée. C’est la voie officielle, la plus lente mais la seule qui produise un document opposable.
  2. Votre messagerie, où les relevés mensuels et les notifications d’opération ont été adressés. C’est de loin le moyen le plus rapide, et souvent suffisant pour un usage courant.

À défaut, vos relevés bancaires actuels portent la trace du virement de clôture, ce qui permet au moins d’établir la date et le montant transféré.

Si vous découvrez la fermeture tardivement

C’est une situation plus fréquente qu’on ne l’imagine, notamment pour un compte secondaire peu utilisé, ouvert pour une raison ponctuelle puis oublié. Les courriers d’information ont pu partir vers une adresse obsolète, et les e-mails atterrir dans un dossier jamais consulté.

Trois vérifications s’imposent alors, dans cet ordre.

  • Le sort de vos avoirs. Si un solde figurait sur le compte, il vous reste dû. Contactez La Banque Postale avec une pièce d’identité et tout élément d’identification de l’ancien compte. Un solde non réclamé pendant plusieurs années suit une procédure légale de conservation, puis de transfert à la Caisse des dépôts : il ne s’évapore pas, mais le récupérer devient plus laborieux avec le temps.
  • Vos prélèvements récurrents. Vérifiez qu’aucun organisme ne tente encore de prélever sur l’ancien IBAN. Un prélèvement rejeté entraîne souvent des frais chez le créancier, et parfois une suspension de service — assurance, abonnement, énergie. Communiquez vos coordonnées actuelles à ceux qui n’auraient pas été mis à jour.
  • Vos virements entrants. Un employeur, un organisme social ou un locataire qui verse encore sur l’ancien compte verra son virement rejeté. Là encore, la correction se fait auprès de l’émetteur, pas auprès de la banque fermée.

Un dernier point, moins évident : si l’adresse e-mail ou le mot de passe associés à cet ancien compte étaient réutilisés ailleurs, changez-les. Les données d’un service fermé restent conservées un temps, et un identifiant partagé entre plusieurs comptes demeure la faille la plus banale.

Quelles alternatives pour les anciens clients

La maison mère a proposé aux clients concernés une offre de migration assortie d’avantages de bienvenue. Cette proposition n’avait rien d’obligatoire : la clôture d’un compte laisse son titulaire entièrement libre du choix de son établissement.

Si vous n’avez pas encore reconstitué votre situation bancaire, ou si vous envisagez de changer, un dispositif mérite d’être connu : le service de mobilité bancaire. Sur simple mandat donné à votre nouvelle banque, celle-ci se charge d’informer les organismes qui vous prélèvent ou vous versent des sommes récurrentes, et de faire suivre ces opérations. C’est gratuit, et cela évite l’essentiel des incidents qui accompagnent un changement de domiciliation.

Pour la connexion et la gestion d’un compte chez la maison mère, consultez notre guide Mon Compte La Banque Postale. Pour comparer avec une banque en ligne toujours active, notre guide Mon Compte BoursoBank détaille son fonctionnement.

Ce qu’il faut retenir

La fermeture de Ma French Bank rappelle qu’une banque peut disparaître sans défaillance, par simple décision de son actionnaire. Pour le client, la protection a bien fonctionné : information préalable, délais pour transférer les fonds, offre de reprise chez la maison mère. Ce qui subsiste, ce sont les questions pratiques que personne ne se pose au moment de la clôture — retrouver un relevé trois ans plus tard, réclamer un solde oublié, prouver l’existence d’une opération.

Deux réflexes s’en dégagent, valables pour tout compte que vous fermez. Téléchargez vos relevés avant la clôture, tant que l’accès existe. Et conservez le courrier ou l’e-mail confirmant la fermeture, avec le montant transféré : c’est la pièce qui manque toujours lorsqu’il faut, des années après, retracer ce qui s’est passé.

Sur le même sujet, consultez également Mon compte Alice Zimbra et Mon compte OCS.